Paul Lê ancien étudiant en licence ECommerce et Marketing Numérique dont il est sorti diplômé en 2004. Comme avec beaucoup d’anciens, nous avons gardé des contacts avec lui, et il a pu au cours de conférences venir faire partager ses expériences du numérique aux étudiants de la lience MCI (ancienne licence ECMN). De nombreux anciens restent ainsi attachés à cette licence à laquelle ils collaborent (certains enseignent maintenant…). La voie qu’il a suivie est assez originale, en tous cas passionnante. Il a été reçu par François Hollande au palais de l’Elysée il y a quelques jours. Nous vous dévoilons ici un parcours de vie hors du commun. C’est une chance pour les étudiants de la licence MCI de pouvoir s’appuyer ainsi sur un réseau d’anciens aussi exceptionnel…

 

– Paul, que faites-vous actuellement dans la vie?

Je suis actuellement startuper, j’ai créé une société du nom de 03 July (HO THREE Julaille  ). Nous sommes des spécialistes du drive-to-store (1) mobile et avons lancé notre première application il y a moins d’un an, à cette époque nous avions l’objectif de nous faire un nom dans le monde des applications.

Aujourd’hui, 2 applications sont sorties sur les 3 plateformes mobiles (iOS, WP, Android) :

– Hungry Now : Featured première page Windows phone Store dans le monde entier. Un FWA pour son design

– Gasoil Now : Featured première page Appstore iOS et Windows Phone en France, meilleure application aux trophées des apps, best of Apple 2013, Windows phone awards.

Cette année, nous lançons depuis la Silicon Valley notre régie publicitaire dédiée au drive-to-store.

A côté de ça, quand j’ai un coup de cœur j’aide des startups à se lancer, je l’ai fait pour Zeepro qui fait des imprimantes 3D. Nous avons donc lancé depuis Sunnyvale en Californie une campagne Kickstarter, nous avons récolté près de 400 000 dollars en 40 jours, ce qui nous place dans les 10% des projets kickstarter les plus successful de tous les temps.

– En quelle année avez-vous fait votre licence ECMN et qu’est-ce que celle-ci vous a apporté?

J’ai fait ECMN en 2004, ce qui fait 10 ans aujourd’hui. Je dois dire que je n’ai pas vu passé les 10 dernières années , j’ai encore l’impression d’être sorti de l’école hier.
A l’époque, il n’y avait quasiment aucune formation du web, nous sortions de la première bulle internet, et les success stories comme multimania, caramail, iFrance me faisaient rêver, je regardais les reportages sur Capital et je voyais des startups partout. Forcément, quand j’ai vu qu’en face de chez moi il y avait une formation web, j’ai de suite postulé. Et bien m’en a pris, j’ai eu un coup de foudre pour certains cours, d’autre un peu moins  , mais pour ceux qui m’ont marqué, je dois dire que j’ai vécu ça comme une révélation, c’était décidé, le net serait mon terrain de jeu.

– Quel parcours avez-vous eu après la licence ECMN?

Une année de glande dans une école de commerce où on faisait plus la fête qu’autre chose, et je me disais à cette époque : « c’est pas possible Paul, tu peux pas finir ta vie étudiante comme ça ». Je me suis donc mis à la recherche d’un challenge, peut être un peu fou, mais finalement ce n’était que le début du leitmotiv de ma vie : « Qui ne tente rien n’a rien ». Je pars donc à la fin de cette année, je tente des concours d’entrée dans des universités Américaines , Bingo, je suis pris à UCLA. Je vais certes payer cher la fin de ma vie étudiante pendant 2 ans, mais je reviens en France, bilingue, connecté complètement différemment, je parle Américain, je pense business, le marketing est ma religion, et je sens que je peux apporter ma pierre l’édifice au paysage de la french tech.

– En quoi les métiers du Web ont-ils évolués depuis 10 ans?

Pfiouu, le web a tellement évolué, il s’est tout d’abord spécialisé avec tout un tas de nouveaux métiers, et surtout le web n’était à l’époque pas du tout au centre de la communication, aujourd’hui quasiment toutes les infos partent de l’internet.

Le Ecommerce s’est musclé avec des technos impressionnantes, de la data science, une logistique huilée. Les réseaux sociaux, et plus généralement le web 2.0 a changé notre relation avec les marques, donc la relation avec les clients, et même plus: nos relations entre humains. Aujourd’hui pour beaucoup si on n’est pas friends sur FB on ne l’est pas IRL, triste évolution pour ce point.

– Qu’est-ce qui vous motive au quotidien?

Ce sentiment de liberté. I think, I do, no one can stop me.

– Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ECMN et Efreitech?

Restez curieux, n’ayez pas peur d’essayer, on a au final que si peu à perdre et tellement à gagner.

– Racontez-nous un échec dans un projet

Je suis passé au rattrapage pour ma soutenance MCI  Je n’ai jamais été le meilleur élève.
Booking poker, mon premier projet startup que je hisse en final des start in Paris. 2 leçons à retenir, la première je ne l’ai pas arrêté par ego, il faut savoir dire stop et écouter autour de soi, et enfin l’echec ne tue pas, il améliore, donc tentez, re tentez ! A dire vrai, la notion d’échec n’existe pas finalement si on a la force et l’envie de rebondir.

– Racontez-nous un succès dans un projet

Je n’ai pas encore réalisé ce que j’ai en tête, donc je ne m’estime pas du tout successful. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose d’unique.

– Racontez-nous les raisons de votre déplacement ainsi que de votre entrevue à l’Elysée…

Je me suis déplacé pour parler de mon entreprise et de l’écosystème des startups en France et en Silicon Valley. C’était très agréable et on y mange bien
J’y ai senti beaucoup d’humilité et de l’écoute. Finalement, on est tous pareil. Je me sens plus à l’aise et utile devant des élèves quand j’en ai l’occasion.

(1) Du point de vue du consommateur, ce phénomène consiste en un comportement d’achat spécifique par lequel le consommateur effectue une recherche d’informations sur le web avant d’aller effectuer son achat en point de vente physique. La recherche peut porter sur plusieurs critères : produit, prix, stock ou encore localisation du point de vente le plus proche.